La terrasse María José Aguilar Gutiérrez

La terrasse est un vocable d’origine arabe qui désigne la toiture ou le toit plat d’un édifice. Une zone diaphane, praticable, où il est possible de marcher.

Dans ces endroits qui jouissent la majeure partie de l’année d’un climat ensoleillé comme c’est le cas en Andalousie, région sud de l’Espagne, il est de bon ton que les maisons jouissent d’une terrasse. Jadis, s’y trouvaient les lavoirs à linge qui une fois propre s’étendait, et encore aujourd’hui encore il s’étend, sur des cordes à linge pour sécher au soleil.

Sur les terrasses, on secouait et fouettait les tapis, on ouvrait et étripait les désormais disparus matelas de laine de mouton ou de bourre. Les aérer et les battre était un ardu, mais nécessaire devoir qui se réalisait, de temps en temps, pour les débarrasser de l’agglutination à laquelle ils se soumettaient avec facilité dû au poids supporté des corps qui reposaient dessus.

Mais l’utilité et le service d’une terrasse ne s’arrêtent pas là.

Magnifique belvédère du paysage urbain, piédestal d’où sentir le chaud soleil dans les froides matinées d’hiver te caressant le visage. Frais et apaisé espace pour le repos du corps et de l’âme dans les chaudes nuits d’été, d’où nous offrir sereins au sommeil sous un ciel infini saupoudré d’étoiles.

J’ai eu l’immense chance de naître et de grandir à Séville, et de vivre dans une maison qui possédait une terrasse privilégiée, entourée de proches clochers d’anciens couvents et d’églises qui, avec leurs cloches, avisaient le passage des heures et appelaient les fidèles aux célébrations religieuses.

Depuis ma terrasse on pouvait voir de près, sans obstacle, le fleuve Guadalquivir et ses deux rives. Sur la plus proche les voies du train par lesquelles circulaient en sifflant, d’un côté à l’autre, des trains de marchandises et de voyageurs.

Après l’eau et l’autre rive, celle de la Cartuja, bordée de mauvaises herbes invitant à rêver de  millénaires forêts, mûres en épées et mystères.

L’art a-t-il perdu sa connexion avec l’humanité ?

Salvatore Vaccariello a affirmé dans son commentaire que l’art est un chemin de foi et qu’il ne manque pas de raison.

La foi, l’espoir et la charité sont des vertus théologales, du point de vue religieux, insufflées par Dieu dans l’être humain et susceptibles de développement et de croissance avec sa pratique quotidienne.

Indépendamment de nos croyances religieuses ou de l’absence de celles-ci, je crois qu’effectivement, comme indiqué auparavant, nous vivons une grave crise économique provenant d’une profonde crise de valeurs humaines et l’art est secoué par la fraude et la spéculation des marchés.

Un vrai artiste a besoin d’avoir foi, foi en lui-même et de croire en ce qu’il fait rempli d’illusion, d’espoir depuis un sentiment d’engagement envers lui-même et envers la société à laquelle il appartient, en allant vers des actions d’amélioration continue, vers l’excellence, en s’offrant corps et âme pour atteindre ses objectifs, qui dépasseront largement le cadre purement financier.

Parlons d’art

Nous avons tous une idée ou une expérience sur ce qu’est ou devrait être l’art, indépendamment de notre formation universitaire, de notre position sociale ou économique. Rares sont ceux qui osent parler de ce concept en public, peut-être de peur d’être classés comme des personnes culturellement mal préparées ou, pire encore, n’ayant que peu de sensibilité.

Cette timidité, c’est une timidité probablement induite par des intérêts qui, à mon humble avis, ont peu ou aucune relation avec l’art et qui ont fait de l’art, à l’heure actuelle, un « fourre-tout » où tout rentre, favorisant la spéculation et la fraude.

Puisque le grand public, le citoyen lambda, principaux consommateurs d’art, non en raison de leur pouvoir d’achat, mais aussi pour être les principaux récepteurs et recréateurs de l’œuvre d’art dans sa contemplation, a perdu la motivation de se rendre aux convocations de l’art contemporain, il perçoit donc que face à l’absence de véritables contenus on lui offre de faux arguments, dépourvus de toute émotion, qu’il ne peut rien offrir ou si peu pour susciter une expérience enrichissante.

Nous sommes face à une grave crise internationale non seulement économique, mais aussi face à une crise de valeurs, de contenus qui, indubitablement, nuit à la qualité des productions artistiques.

Selon moi, l’art peut et doit avoir une réponse positive et constructive à cette perte de valeurs humaines, sinon, il perdra complètement sa connexion avec l’humanité et sa valeur intrinsèque.

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José Aguilar

María José Aguilar naît en 1964 à Séville, Espagne.

Depuis son plus jeune âge manifesté inclinations et des dons artistiques.

Elle grandit en admirant les grands maîtres de l'Histoire de la Peinture, en particulier les peintres baroques espagnoles comme Murillo, Velázquez, Zurbarán, Valdés Leal ... exerçant sur elle une premier et grande influence.

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